Avec la crise sanitaire du Covid-19, toutes les rencontres sportives ont été annulées dans le monde entier. Ainsi, les grandes manifestations ponctuelles, comme le Roland Garros et les 24h du Mans, et les championnats comme celui de la F1 ont dû être annulés/reportés. Mais ces institutions ont su trouver d’autres moyens pour mobiliser leurs fans et s’ouvrir à de nouvelles audiences. Retour sur des modèles de stratégies de virtualisation efficaces.

La virtualisation des événements sportifs, entre grande première pour certains et démocratisation pour d’autres.

Le 20 mars dernier, la ligue Formula 1 a annoncé le maintien d’un championnat virtuel diffusé sur les médias sociaux (Facebook, Youtube et Twitch, LA plateforme du streaming de jeux vidéo) pour pallier l’arrêt provisoire des Grands Prix dû au confinement mondial. Depuis, pas moins de 7 championnats se sont déroulés en virtuel, sur le jeu officiel F1 2019. Parmi les concurrents, des stars du sport comme le gardien du Real Madrid Thibaut Courtois et des pilotes de F1 tels que Charles Leclerc, Max Verstappen ou encore Valterri Bottas se sont affrontés, soutenus par leurs écuries respectives.

La course des 24h du Mans a également été déplacée en septembre prochain, mais en attendant les inconditionnels de cette course mythique pourront se régaler devant un nouveau format : la virtualisation. Une grande première pour cette franchise où se mêleront pilotes chevronnés et experts esport en équipe de 4 (2 de chaque) qui alterneront sur le jeu vidéo « RFactor2 ». A ce casting 5 étoiles s’ajouteront des pilotes de F1 – la jeune génération participant déjà aux Virtual GP et quelques maîtres comme Felipe Massa ou Fernando Alonso.

Enfin, les grands adeptes de la terre battue savent qu’à la fin du mois de mai, ils se retrouvent pour admirer un des tournois du Grand Chelem les plus suivis : Roland Garros. Cette année, la manifestation n’a pas échappé aux règles sanitaires, et se retrouve déplacée fin septembre début octobre. En attendant, les équipes de Roland Garros ont décidé de maintenir du 1er au 7 juin 2020 leur version esport- les Roland Garros Eseries – tout en l’adaptant au contexte actuel.

Les championnats virtuels, apport de nouvelles audiences ?

La virtualisation de ces compétitions leur a permis de s’ouvrir sur de nouvelles perspectives. Par exemple, Roland Garros a adapté ses Eseries en créant #RGEnsemble. Là où, habituellement, des joueurs esport s’affrontaient dans un tournoi réglé de façon professionnelle, le #RGEnsemble a laissé place à des shows d’exhibitions caritatifs à destination des AP-HP, en invitant des personnalités populaires comme Camille Lacourt ou Kev Adams affronter des stars du tennis comme Jo Wilfried Tsonga. D’ailleurs, le gagnant de cette édition 2020 est un musicien issu du groupe Boulevard des Airs, Florent Dasque. Cette virtualisation a permis de démocratiser au plus grand nombre les Roland Garros Eseries, et de susciter l’intérêt en dehors des fans d’esport.

La virtualisation de la F1 n’est pas non plus une grande découverte pour les fans de la franchise, ni pour les pilotes. Régulièrement ces derniers s’entrainent sur des outils de simulation, et les Formula One Esport Series, la compétition de formule 1 version esport a fait son entrée en 2017 – alors que la franchise du jeu officiel existe depuis 1996. En France, la Team Vitality accompagnée de Renault s’est lancée dans cette compétition de simracing en 2018.

La différence entre la virtualisation et la version esport de la F1 ? Le divertissement ! Les Virtual GP sont axés sur de l’exhibition sans impact sur le classement du championnat, tandis que la F1ES est une compétition professionnelle. A l’origine, les compétitions esport ont été lancée pour attirer un public plus jeune vers les championnats réels mais la plupart des spécialistes ne pensent pas que le public esport s’intéressera de la même façon aux compétitions qu’aux versions virtuelles. A voir dans les années qui vont suivre ce qu’il en est.

Pour les 24h du Mans, la virtualisation est prise très au sérieux, et Gérard Neveu, CEO de la FIAWEC a promis « une vraie course, la plus fidèle possible à l’esprit de l’endurance, avec la dramaturgie des 24 Heures ». Une façon d’engager la version virtuelle/esport des 24h du Mans comme une rencontre annuelle additionnelle ?

Dans tous les cas, les grandes rencontres sportives ont gagné leur pari : Si les audiences virtuelles n’emmènent peut-être pas les jeunes vers les compétitions grand public, elles auront au moins réussi à rassembler leurs fans sous un seul et même format, tout en suscitant de l’intérêt et de l’attente sur les éditions 2020 reportées.

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Responsable communication et marketing d'hellolille.sport, je vous tiens au courant de l'actualité du cluster d'innovation sportive et filière d'excellence de la Métropole Européenne de Lille.